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Écrêtage à 70 % : ce que la limitation d'injection coûte vraiment à votre installation
29 août 2026 · SOLARSPLIT
« Panneaux solaires : l’injection sera souvent limitée à 70 % ». La phrase est exacte, et pourtant beaucoup de propriétaires en ont retenu autre chose : qu’un tiers de leur production partirait à la poubelle. Ce n’est pas ce que dit la règle, et ce n’est pas ce que mesurent les gestionnaires de réseau qui l’appliquent. Voici ce que l’écrêtage à 70 % fait réellement à une installation, chiffres à l’appui.
Ce que la règle dit exactement
La loi sur l’électricité acceptée en votation en juin 2024 est entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Son article 17c, précisé par l’article 19c de l’ordonnance, autorise les gestionnaires de réseau à limiter la puissance d’injection des installations photovoltaïques au point de raccordement. La valeur retenue par la branche est 70 % de la puissance des modules. Le but est de raboter les pointes de midi qui saturent les lignes de quartier, pour pouvoir raccorder davantage d’installations sans renforcer le réseau.
Trois points que les titres omettent :
- La loi plafonne la perte : au maximum 3 % de la production annuelle peut être écrêtée. Si une limitation fixe faisait perdre plus, le gestionnaire doit passer à une limitation dynamique, liée à la tension ou pilotée à distance.
- La règle s’applique aux onduleurs installés depuis 2026. Pour les installations existantes, la recommandation de branche est de ne l’appliquer qu’au remplacement de l’onduleur. Les très petites installations, sous 800 W, et celles situées au-dessus de 1’200 mètres en sont exemptées.
- L’énergie non injectée n’est pas perdue pour tout le monde : elle peut être consommée sur place ou stockée. La limitation porte sur ce qui sort vers le réseau, pas sur ce que produit le toit.
La perte ainsi causée n’est pas indemnisée, la loi le prévoit explicitement. C’est justement pour cela qu’elle la plafonne.
Pourquoi 30 % de puissance n’est pas 30 % d’énergie
Une installation solaire n’atteint sa puissance nominale que quelques heures par an : ciel parfaitement dégagé, soleil au zénith, panneaux encore frais. Le reste du temps, elle produit à 20, 40 ou 60 % de sa puissance, le matin, le soir, sous les nuages, en hiver, ou simplement par une chaude après-midi de juillet où les panneaux perdent du rendement avec la température.
Tracez la production d’une belle journée d’été : une cloche. L’écrêtage à 70 % coupe le sommet de cette cloche, une calotte fine sur les deux ou trois heures les plus fortes. Toute la surface sous la ligne, c’est-à-dire l’immense majorité de l’énergie de la journée, passe sans être touchée. Et les jours moyens, la cloche ne monte même pas jusqu’à la ligne.
C’est pour cela que la perte mesurée est si faible. Swissolar donne moins de 3 % pour une limitation fixe à 70 %, et les gestionnaires de réseau qui l’appliquent depuis janvier constatent le plus souvent moins de 1 % de la production annuelle.

En francs, sur une maison individuelle
Prenons une installation de 10 kWc en Suisse romande, qui produit autour de 10’000 kWh par an. Le pire cas autorisé par la loi, 3 %, représente 300 kWh. L’énergie écrêtée est celle des pointes de midi, donc du surplus qui serait parti au réseau au prix de reprise, 6 centimes au plancher légal. Le manque à gagner maximal est de l’ordre de 18 francs par an, et dans le cas courant, sous 1 % de perte, de quelques francs. Sur une installation qui économise plusieurs centaines de francs par an en autoconsommation, l’écrêtage ne se voit pas dans le calcul de rentabilité.
Et ce pire cas suppose que rien n’absorbe la pointe. Une pompe à chaleur, un ballon d’eau chaude piloté, une voiture branchée à midi ou une batterie consomment précisément l’énergie qui aurait été écrêtée. Beaucoup d’onduleurs sont d’ailleurs déjà dimensionnés sous la puissance des modules, parce que ce sommet de cloche ne justifiait pas un onduleur plus gros.
Ce que la limitation ne touche pas
- Votre autoconsommation. La limite s’applique au point de raccordement, après que la maison s’est servie. Ce que vous consommez à midi n’est jamais écrêté.
- Vos subventions. La rétribution unique se calcule sur la puissance installée des modules, pas sur la puissance injectée.
- Le dimensionnement. Rien n’oblige à réduire son installation. Au contraire, une installation bien dimensionnée sur la consommation du bâtiment injecte moins aux heures de pointe.
Deux choses à faire, et une à ne pas faire
À demander à l’installateur : comment la limitation est réalisée sur votre onduleur, réglage fixe ou pilotage dynamique, et si un gestionnaire d’énergie peut orienter la pointe vers vos consommateurs. C’est une ligne de plus à lire dans un devis, au même titre que la garantie de l’onduleur.
À surveiller : une fois l’installation en service, la courbe de production des belles journées montre un plateau à midi. C’est l’écrêtage, pas une panne. Un suivi de production permet de le distinguer d’une vraie sous-performance, qui se reconnaît à d’autres signes.
À ne pas faire : renoncer au projet, ou le sous-dimensionner, sur la foi d’un titre. Trente pour cent de puissance en moins pendant trois heures par beau jour, c’est moins de 3 % d’énergie sur l’année, et la loi interdit d’aller au-delà.
Ce qui décide de la rentabilité de votre toit, c’est votre consommation, votre toiture et le prix de l’installation. L’étude en ligne gratuite de SOLARSPLIT part de ces trois données pour estimer votre production et votre autoconsommation, avant de mettre les installateurs en concurrence sur un cahier des charges identique.
Et votre toit, que vaut-il ?
La simulation est gratuite et en ligne, à partir des données publiques de votre bâtiment.
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