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« Le solaire ne produit rien en hiver » : ce que disent les chiffres

26 août 2026 · SOLARSPLIT

C’est l’objection qui revient dès novembre : « en hiver, les panneaux ne servent à rien ». Elle est fausse, et la manière dont elle est fausse compte, parce que le kWh d’hiver est justement celui qui rapporte le plus. Voici ce que produit un toit suisse entre octobre et mars, et pourquoi il faut le compter autrement.

Moins, pas rien

Sur le Plateau et en Romandie, une installation de 10 kWc bien orientée produit autour de 10’000 kWh par an. La répartition n’est pas uniforme : juin et juillet font chacun 12 à 14 % de l’année, décembre et janvier 3 à 4 % chacun. Sur les six mois d’octobre à mars, on récolte entre un quart et un tiers de la production annuelle, soit 2’500 à 3’300 kWh pour cette installation. Les statistiques mensuelles de Swissolar pour l’ensemble du parc suisse donnent le même ordre de grandeur : un peu plus du quart de la production nationale arrive au semestre d’hiver.

Ce n’est pas la production d’été, mais ce n’est pas zéro. Une installation de 10 kWc fournit en décembre l’équivalent d’une journée de juin par semaine, et à partir de février la courbe remonte vite, mars produit déjà autant que septembre.

Le froid aide, la neige aussi

Un panneau photovoltaïque perd du rendement quand il chauffe, de l’ordre de 0,3 à 0,4 % par degré au-dessus de 25 °C. Par une journée claire de janvier à 0 °C, il travaille donc avec un rendement meilleur qu’en canicule. Le vrai ennemi de l’hiver n’est pas le froid, c’est le stratus, la mer de brouillard qui couvre le Plateau des semaines durant. Au-dessus de 1’000 mètres, le même mois de décembre est souvent ensoleillé, et la neige au sol réfléchit la lumière vers les panneaux.

C’est pour cette raison que la Confédération verse un bonus d’altitude au-dessus de 1’500 mètres et un bonus d’inclinaison dès 75 degrés : un panneau raide, en façade ou sur un toit de chalet, laisse glisser la neige et capte le soleil bas. Sur un toit ordinaire à 30 degrés, une couche de neige glisse en un ou deux jours de soleil, et la perte annuelle liée à la neige se compte en jours de production, pas en semaines.

Pourquoi le kWh d’hiver vaut trois à cinq fois plus

Voilà le point que l’objection manque. En été, une maison produit bien plus qu’elle ne consomme au milieu de la journée, et le surplus part sur le réseau au prix de reprise, entre 4 et 10 centimes selon le trimestre, jamais moins que le plancher légal de 6 centimes sous 30 kW. En hiver, la maison consomme davantage, chauffage et pompe à chaleur en tête, et presque tout ce que le toit produit est consommé sur place. Ce kWh-là vous évite d’acheter du courant à 25 à 30 centimes, le prix moyen suisse en 2026 étant de 27,7 centimes selon l’ElCom.

Autrement dit, 3’000 kWh d’hiver consommés sur place valent autour de 800 francs sur la facture, quand 3’000 kWh de surplus d’été injectés en rapportent 150 à 250. La production hivernale est plus faible en kWh, mais elle pèse lourd en francs, et c’est elle qui fait une bonne partie de la rentabilité réelle d’une installation dimensionnée pour la maison.

Ce que ça change pour dimensionner

  • Une pompe à chaleur transforme l’hiver en saison d’autoconsommation. Le solaire et la pompe à chaleur se calculent ensemble, et un toit un peu plus grand se justifie souvent.
  • Un toit est-ouest ou une façade sud produisent plus régulièrement sur la journée et sur l’année qu’un pan sud raide de 45 degrés. Notre guide sur l’orientation du toit donne les écarts.
  • La batterie ne stocke pas l’été pour l’hiver, elle déplace la production du midi vers le soir du même jour. En hiver elle se remplit rarement, en été elle évite de brader le surplus. Elle se dimensionne sur votre profil, pas sur la saison.
  • En montagne, le calcul s’inverse : un chalet au-dessus du stratus peut produire davantage en février qu’en juillet par kWc, et notre fiche Valais explique le bonus d’altitude.

Et pour le pays

La Suisse importe de l’électricité l’hiver et en exporte l’été. Chaque kWh solaire d’hiver consommé sur place réduit d’autant l’importation au moment où elle coûte le plus cher, et c’est précisément ce que la loi sur l’électricité de 2025 cherche avec ses installations alpines. Un toit de maison n’est pas une centrale alpine, mais mis bout à bout, les toits font déjà l’essentiel de la production solaire suisse, hiver compris.

L’étude en ligne gratuite de SOLARSPLIT calcule la production mois par mois de votre toit, à partir des données météorologiques de votre adresse, et votre autoconsommation à partir de votre consommation, chauffage compris. C’est là qu’on voit ce que vaut réellement votre hiver.

Et votre toit, que vaut-il ?

La simulation est gratuite et en ligne, à partir des données publiques de votre bâtiment.

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