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Quand une batterie se justifie, et comment la dimensionner

22 août 2026 · SOLARSPLIT

La batterie est devenue la question numéro deux de tout projet solaire, juste après la taille de l’installation. Elle mérite mieux que les deux réponses toutes faites, « indispensable » et « jamais rentable ». Elle se justifie dans des cas précis, qu’on peut décrire, et elle se dimensionne sur votre consommation, pas sur le catalogue. Voici le raisonnement complet.

Ce qu’elle fait, exactement

Une batterie domestique déplace la production du milieu de journée vers le soir et la nuit. Elle se charge quand le toit produit plus que la maison ne consomme, et se vide quand c’est l’inverse. Elle ne stocke pas l’été pour l’hiver : en décembre elle se remplit rarement, en juin elle est pleine à midi. Son effet se mesure sur un seul chiffre, la part d’autoconsommation : sans batterie, une maison consomme sur place 25 à 35 % de sa production, avec une batterie bien dimensionnée 60 à 75 %.

Ce que vaut un kWh déplacé

Chaque kWh que la batterie évite d’injecter puis de racheter vous fait gagner la différence entre le prix du réseau et le prix de reprise : 27,7 centimes, la médiane suisse 2026, moins 6 à 10 centimes, soit 18 à 21 centimes. Une batterie de 10 kWh qui fait 250 cycles complets par an, ce qui est réaliste sur le Plateau, déplace 2’500 kWh et rapporte de l’ordre de 500 francs par an. Elle rapporte davantage si vos soirées consomment beaucoup, et moins si la maison est vide le soir.

Les cas où elle se justifie

  • Votre consommation est le soir et la nuit. Une famille absente la journée, avec cuisine, lave-linge et télévision après 18 h, injecte l’essentiel de sa production et la rachète le soir. C’est le profil qui gagne le plus.
  • Une voiture électrique chargée à la maison. Recharger le soir sur la batterie plutôt que sur le réseau déplace plusieurs kWh par jour, et une voiture qui peut charger à midi les week-ends complète le tableau.
  • Une pompe à chaleur. Elle consomme en soirée et la nuit en hiver, quand le toit ne produit pas, mais elle consomme aussi en demi-saison, où la batterie couvre une bonne part.
  • Une subvention cantonale. Neuchâtel verse depuis mars 2026 un forfait de 800 francs plus 80 francs par kWh, soit 1’600 francs pour 10 kWh, ce qui raccourcit le retour de plusieurs années. Notre fiche Neuchâtel détaille les conditions, et les autres cantons n’ont pas d’aide équivalente en 2026.
  • Le besoin de secours. Avec un onduleur hybride prévu pour, la batterie alimente les circuits essentiels pendant une coupure. Ce n’est pas un calcul de rentabilité, c’est un service, et il compte pour certains foyers.
  • Le prix dynamique de 2027. Dès 2027, le prix de reprise suit le marché au quart d’heure. Une batterie pilotée pourra se charger quand le courant ne vaut rien à midi et laisser injecter quand il vaut cher en fin de journée. Le gain dépendra des écarts de prix, mais le sens est clair : la batterie devient un outil de pilotage, pas seulement de stockage.

Les cas où elle attend

  • Une maison qui consomme surtout en journée, avec quelqu’un présent, un ballon d’eau chaude piloté à midi et un lave-linge programmé : l’autoconsommation est déjà bonne, la batterie ajoute peu.
  • Une installation petite par rapport à la consommation, qui injecte peu de toute façon.
  • Un budget serré : mieux vaut un toit un peu plus grand aujourd’hui, et une batterie dans quelques années, quand la voiture ou la pompe à chaleur arriveront. Il suffit de choisir dès maintenant un onduleur hybride, prêt à la recevoir.

La bonne taille

Deux repères qui se recoupent : environ 1 kWh de batterie par kWc de panneaux, et la consommation d’une soirée et d’une nuit, soit 5 à 10 kWh pour une maison individuelle, davantage avec une voiture. Une batterie trop grande ne se remplit pas en demi-saison et coûte pour rien, une batterie trop petite est pleine à 14 h et laisse le reste partir au réseau. L’étude en ligne de SOLARSPLIT simule votre autoconsommation avec et sans batterie, à partir de votre consommation, et affiche l’effet de chaque capacité.

Le prix, les aides, la durée

Comptez de l’ordre de 800 à 1’200 francs par kWh posé, soit 8’000 à 12’000 francs pour 10 kWh, onduleur hybride compris ou non selon le cas, à vérifier sur le devis. La rétribution unique fédérale ne couvre pas la batterie, la déduction fiscale la couvre quand elle est posée avec l’installation sur un bâtiment existant. Une batterie lithium fer phosphate supporte 6’000 cycles et plus, ce qui à 250 cycles par an dépasse les vingt ans, avec une garantie de dix ans chez la plupart des fabricants.

Sur l’exemple de 10 kWh à 9’000 francs avec la subvention neuchâteloise, le retour est de l’ordre de quinze ans sur les seules économies d’électricité, moins avec une voiture électrique, moins encore si les prix de 2027 ouvrent l’arbitrage. C’est plus long que l’installation elle-même, et c’est normal : la batterie se juge sur ce qu’elle apporte au projet entier, autonomie, confort, pilotage, pas seulement sur ses propres francs.

Pour situer la batterie dans le budget complet, notre article sur le coût d’une installation, et pour comprendre pourquoi elle n’a rien à voir avec l’hiver, le solaire produit en hiver aussi.

Et votre toit, que vaut-il ?

La simulation est gratuite et en ligne, à partir des données publiques de votre bâtiment.

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