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RCPv ou CEL sur un immeuble de six logements : le calcul concret

2 juillet 2026 · SOLARSPLIT

Un propriétaire d’immeuble qui installe des panneaux se retrouve vite devant une question que la villa ne pose pas : qui consomme le courant du toit ? Sans rien faire, seuls les communs, cage d’escalier, ascenseur, buanderie, en profitent, et le reste part sur le réseau au prix de reprise. Avec un regroupement, les locataires consomment le courant du toit et le paient au propriétaire. Voici le calcul complet, sur un cas type et avec des hypothèses annoncées.

Le cas type

  • Un immeuble de six logements en Romandie, avec un toit qui accueille 25 kWc.
  • Production attendue : 25’000 kWh par an, à 1’000 kWh par kWc, une valeur ordinaire sur le Plateau.
  • Consommation : six ménages à 3’000 kWh, soit 18’000 kWh, plus 2’000 kWh de communs, 20’000 kWh au total.
  • Tarif du fournisseur local : 27,7 centimes par kWh, la médiane suisse 2026 selon l’ElCom pour un ménage type, toutes composantes comprises.
  • Prix de reprise du surplus : 7 centimes en moyenne sur l’année, entre le plancher légal de 6 centimes et les trimestres d’hiver mieux payés.
  • Investissement : 37’500 francs bruts, à 1’500 francs par kWc pour une installation de cette taille, moins 9’000 francs de rétribution unique, 28’500 francs nets.

Sans regroupement : le toit ne sert qu’aux communs

Le compteur des communs est le seul raccordé à l’installation. Il absorbe environ 2’000 kWh par an, le reste, 23’000 kWh, est injecté.

  • Courant évité sur les communs : 2’000 kWh × 27,7 ct = 554 francs
  • Surplus vendu : 23’000 kWh × 7 ct = 1’610 francs
  • Total : environ 2’160 francs par an, soit un retour sur l’investissement net en treize ans.

C’est la situation de beaucoup d’immeubles équipés avant 2018, et elle explique pourquoi tant de toits d’immeubles restent nus : sans partage, l’installation se rentabilise lentement.

Avec un RCPv : les locataires consomment le toit

Le regroupement dans le cadre de la consommation propre, RCPv, réunit tous les logements derrière un seul compteur face au réseau. À l’intérieur, des sous-compteurs privés mesurent ce que chacun consomme. Le courant du toit qui va d’un appartement à l’autre ne passe pas par le réseau public, donc ne paie ni le timbre d’acheminement ni les taxes qui vont avec, et c’est là que se trouve la marge à partager.

Avec six ménages aux horaires différents, la part de la production consommée sur place monte à 45 % environ, contre 10 % avec les seuls communs. Le propriétaire fixe un prix interne, plafonné par la loi : il ne peut pas facturer le courant solaire plus cher que ce que le locataire paierait à son fournisseur. Dans notre cas, 20 centimes par kWh, soit 28 % de moins que le tarif du réseau.

  • Courant consommé sur place : 45 % de 25’000 kWh = 11’250 kWh
  • Vendu aux locataires et aux communs : 11’250 kWh × 20 ct = 2’250 francs
  • Surplus injecté : 13’750 kWh × 7 ct = 963 francs
  • Total propriétaire : environ 3’210 francs par an, plus 1’050 francs qu’avant.
  • Côté locataires : 11’250 kWh payés 20 au lieu de 27,7 centimes, 866 francs économisés dans l’immeuble, autour de 145 francs par ménage et par an.

Le regroupement coûte les sous-compteurs, quelques centaines de francs par logement, et une gestion annuelle des décomptes. Même en ajoutant 3’000 francs d’équipement, le retour tombe à dix ans au lieu de treize, et les locataires paient moins qu’avant. Le seul qui perd, c’est la part de réseau non facturée sur les kWh restés dans l’immeuble, ce qui est exactement l’intention de la loi.

Ce qui rend le RCPv possible

  • L’installation doit atteindre au moins 10 % de la puissance de raccordement du regroupement, ce qui est le cas de 25 kWc sur six logements.
  • Les logements doivent être contigus, sur la même parcelle ou des parcelles voisines sans que le réseau public s’interpose. Un seul immeuble remplit la condition d’office.
  • Les locataires doivent être informés et le prix interne respecter le plafond légal. Un locataire ne peut pas être facturé au-delà de ce que lui coûterait le fournisseur.
  • Le gestionnaire de réseau est averti, il retire les compteurs individuels et n’en laisse qu’un.

Et la CEL, dans ce cas ?

La communauté électrique locale, CEL, est le cadre entré en vigueur en 2026 pour partager du courant à travers le réseau public, entre voisins de la même commune. Elle ne remplace pas le RCPv dans un immeuble : à l’intérieur du bâtiment, le regroupement reste plus simple et plus rentable, parce qu’il évite entièrement le timbre. La CEL devient intéressante quand le surplus de l’immeuble peut aller chez le voisin d’en face, ou quand une PPE veut associer une deuxième adresse : le courant échangé bénéficie alors d’un rabais de 40 % sur le tarif d’acheminement au niveau basse tension, soit 3 à 5 centimes par kWh selon le gestionnaire de réseau. Les deux cadres se combinent, l’immeuble en RCPv vend son surplus à la CEL plutôt qu’au réseau. Notre guide RCPv et CEL détaille les deux, et celui sur la CEL de quartier donne un cas à plusieurs bâtiments.

Les trois chiffres qui décident

  1. La part consommée sur place. Plus les ménages sont nombreux et divers, plus elle monte. Six logements donnent 40 à 50 %, une PPE de vingt logements dépasse souvent 60 %.
  2. Le prix interne. Assez bas pour que les locataires y gagnent, assez haut pour que le toit se paie. Entre 20 et 30 % sous le tarif du réseau, tout le monde y trouve son compte.
  3. La taille de l’installation. Un toit qui produit le double de ce que l’immeuble consomme vend la moitié au prix de reprise. Le bon dimensionnement est celui qui colle à la consommation annuelle de l’immeuble, quitte à agrandir plus tard si une pompe à chaleur ou des bornes de recharge arrivent.

Comment s’y prendre

Pour le toit, l’étude en ligne gratuite de SOLARSPLIT dimensionne l’installation sur les surfaces réelles de l’immeuble et sur sa consommation, puis met les installateurs en concurrence. Pour le partage, SOLARSPLIT Community Connect prend en charge la constitution du regroupement, les sous-compteurs, les décomptes des locataires et le raccordement à une CEL quand elle existe, comme le décrit notre article sur le RCPv en immeuble. Le calcul ci-dessus se refait avec vos chiffres en quelques minutes, contactez-nous pour le faire ensemble.

Et votre toit, que vaut-il ?

La simulation est gratuite et en ligne, à partir des données publiques de votre bâtiment.

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