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Vendre son surplus aux voisins plutôt qu'au réseau : à partir de quel écart ça vaut la peine

6 juillet 2026 · SOLARSPLIT

Un toit de 10 kWc injecte 5’000 à 6’000 kWh par an sur le réseau, payés au prix de reprise, entre 4 et 10 centimes selon le trimestre, jamais moins que le plancher de 6 centimes. Le voisin d’en face achète les siens à son fournisseur 27 centimes, la médiane suisse 2026. Vingt centimes d’écart, dont la loi permet désormais de se partager une partie : c’est la communauté électrique locale, en vigueur depuis le 1er janvier 2026. Voici d’où vient la valeur, exactement, et à partir de quand elle justifie la démarche.

D’où vient l’écart, ligne par ligne

Le tarif que paie votre voisin se décompose en trois parts : l’énergie, autour de 12 centimes en 2026, l’utilisation du réseau, entre 8 et 12,5 centimes selon le gestionnaire, et les taxes et redevances, environ 3 centimes. Quand il achète votre surplus dans une communauté électrique locale, il paie l’énergie à vous, au prix convenu entre vous, et il continue de payer le réseau et les taxes à son gestionnaire, mais avec un rabais de 40 % sur la composante d’utilisation du réseau, parce que le courant n’a parcouru que quelques dizaines de mètres de basse tension.

La valeur créée par kWh partagé se calcule alors simplement : l’énergie que le voisin n’achète plus à son fournisseur, moins le prix de reprise que vous ne touchez plus, plus le rabais réseau. Avec des chiffres 2026 :

  • Chez un gestionnaire dont la part réseau vaut 12,5 centimes, le rabais est de 5 centimes, et la valeur d’un kWh partagé vaut 12 − 7 + 5 = environ 10 centimes.
  • Chez un gestionnaire dont la part réseau vaut 7,8 centimes, le rabais est de 3,1 centimes, et la valeur tombe à environ 8 centimes.

Le rabais dépend donc du gestionnaire de réseau, et il varie du simple au double d’une commune à l’autre. C’est la première chose à vérifier, sur la décomposition tarifaire publiée par l’ElCom pour votre distributeur.

Qui garde la valeur : le prix interne décide

Le prix du courant échangé dans une communauté est libre, la loi ne fixe aucun plafond. C’est lui qui répartit les 8 à 10 centimes entre le producteur et l’acheteur. Un exemple, chez le gestionnaire au rabais de 5 centimes : vous vendez à 12 centimes, soit 5 de plus que la reprise, et votre voisin paie 12 d’énergie plus 7,5 de réseau plus 3 de taxes, 22,5 centimes au lieu de 27,7, soit 5 de moins. Chacun gagne 5 centimes par kWh. Vendez à 14 et la balance penche vers vous, à 10 vers lui.

Sur 3’000 kWh partagés par an, ce sont 250 à 300 francs de valeur à répartir, chaque année, pendant la vie de l’installation.

À partir de quel écart ça vaut la peine

La communauté a un coût de fonctionnement : quelqu’un doit la constituer, la déclarer, tenir la convention, recevoir les courbes du gestionnaire et facturer. Compter un ordre de grandeur de 2 centimes par kWh partagé plus une part fixe par participant et par an pour un prestataire qui s’en charge. La règle qui en découle :

  • La valeur par kWh doit dépasser nettement les frais, ce qui est le cas partout où le rabais réseau atteint 3 centimes et plus, donc chez tous les gestionnaires romands.
  • Le volume partagé doit être suffisant pour amortir la part fixe. Deux villas qui échangent 1’500 kWh y gagnent peu. Une villa qui alimente trois voisins, ou un immeuble qui vend son surplus à la maison d’à côté, y gagnent nettement.
  • La simultanéité compte. Seul le courant produit et consommé dans le même quart d’heure est partagé. Un voisin absent la journée n’achète presque rien, un cabinet, un atelier ou une famille avec pompe à chaleur achètent beaucoup.

Les conditions à remplir

  • La puissance des installations doit atteindre au moins 5 % de la puissance de raccordement de tous les consommateurs de la communauté.
  • Tous les participants sont dans la même zone de desserte, raccordés en basse tension, et le courant doit pouvoir aller de chaque installation à chaque consommateur sans passer par un transformateur. Sinon, le rabais tombe à 20 % pour tout le monde, pas seulement pour le participant éloigné. C’est le piège de conception numéro un.
  • Une convention écrite entre participants, avec un représentant, les prix internes, la répartition des frais, les règles d’entrée et de sortie.
  • Un préavis de trois mois au gestionnaire de réseau pour constituer la communauté, un mois pour chaque entrée ou sortie ensuite.
  • Les garanties d’origine de la production doivent suivre le courant partagé, ce que Pronovo vérifie.

Et dans un immeuble ?

À l’intérieur d’un bâtiment, le regroupement de consommation propre reste plus avantageux que la communauté : il évite entièrement la part réseau sur le courant partagé, pas seulement 40 %. Notre calcul sur un immeuble de six logements le montre. La communauté prend le relais pour ce qui sort du bâtiment, et les deux se combinent : l’immeuble en regroupement vend son surplus au voisin en communauté. Le guide sur la communauté électrique de quartier donne un cas à plusieurs bâtiments.

SOLARSPLIT Community Connect vérifie le périmètre, calcule la valeur avec les tarifs de votre gestionnaire, constitue la communauté et gère les décomptes, contactez-nous avec votre adresse et celle des voisins intéressés.

Et votre toit, que vaut-il ?

La simulation est gratuite et en ligne, à partir des données publiques de votre bâtiment.

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